ART14 Ayoub Chaib
Maroc
Discordance est une exploration sensible du mouvement, du déséquilibre, de l’absence et de la trace. À travers le langage du corps en mouvement, manipulation d’objets, espace habité par les installations scénographique, ce spectacle interroge ce moment fragile où tout semble basculer, où l’on quitte sans toujours savoir où l’on va, mais où quelque chose persiste, reste, inscrit dans le vide.
Le point de départ du projet est cette idée universelle et intime à la fois : tout départ, même silencieux, même infime, laisse une empreinte. Il y a ce qui part… et ce qui reste.
Discordance creuse cet interstice, cet instant de flottement entre la présence et l’absence, le visible et l’invisible, l’élan et la chute.
Le corps devient ici un vecteur de mémoire. Chaque geste, chaque suspension, chaque déséquilibre incarne une trace : celle d’un mouvement passé, d’un lien rompu, d’un souvenir qui résiste au temps. La manipulation d’objets notamment le papier, matière fragile, sonore et vivante devient une extension de cette recherche l’objet conserve l’empreinte du corps, la garde, la transforme, la fait vibrer dans l’espace.
La scénographie, minimaliste, laisse respirer les matières, les silences, les absences. Le papier froisse, se déchire, se replie, comme nos mémoires. L’univers sonore, discret, accompagne le mouvement, souligne les ruptures, amplifie les vides. Ce choix de dépouillement vise à révéler l’essentiel, ce qui ne se voit pas mais se ressent, ce qui demeure après le départ, cette nécessité de « partir, un petit peu, pas loin, pas longtemps… puis beaucoup, plus loin, plus longtemps ».
Discordance est à la fois un espace de fragilité et de résistance, un entre-deux où l’on vacille, où les repères se brouillent, où les certitudes s’effacent. Il ne s’agit pas de raconter une histoire, mais de faire ressentir une vibration : celle de la mémoire qui s’accroche, du mouvement qui laisse une marque, du départ qui révèle l’existence.
Ce projet est une invitation à percevoir autrement l’éphémère. À écouter ce que le corps ne dit pas, mais que l’espace garde en mémoire. Une proposition poétique et physique sur ce qui nous lie, nous échappe et nous transforme.
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